Vendredi 16 Mai 2008

Article tiré du volume II - Les Penseurs de l`Islam - Carra De Vaux

Ibn al-Awam s`est beaucoup servi pour son Kitab-al-Filâhâ, «livre de l`Agriculture», de l`ouvrage d`Ibn el-Wahchiya. il en a toutefois laissé de côté les superpositions et les considérations religieuses ou astrologiques. Son traité est étendu, détaillé, pratique, d`une haute valeur technique, et l`un de ceux qui font le plus d`honneur à la science arabe. On sait peu de chose sur l`auteur. Il était Espagnol et il habitait à Séville. Il a écrit vers le VIe siècle de l`hégire (XIIe de notre ère). «Il paraît avoir eu beaucoup de goût pour l`agriculture, dit son traduxteur français Clément-Mullet, joignant la pratique à l`étude et à la théorie, car il cite souvent les expériences qu`il fit lui-même sur la montagne de l`Ascharf, et les bons résultats qu`il en avait obtenus.»

Le traité se compose de 34 chapitres(1), dont les premiers concernant la connaissance des terres, les engrais, les diverses espèces d`eau, la manière de disposer les jardins, celle d`élever les arbres, de les planter, tailler, couper et transplanter, les fumures, l`irrigation. Il ya de très jolieschoses apparemment bien observées, comme l`article sur la sympathie et l`antipathie des arbres entres eux: par exemple, une sympathie bien connue existe entre la vigne et l`ormeau; il y a sympathie aussi entre le pommier et le cédratier, le grenadier et le myrte, l`olivier et le balaustrier. Par contre il y a antipathie entre le raisin blanc et le raisin noir, le noyer et la plupart des arbres autres que le figuier et le mûrier.

Plus de cinquante arbres à fruits ont leur culture décrite séparément dans l`ouvrage; les différentes espèces de greffes sont expliquées en détail; les maladies des arbres sont étudiées avec leurs remèdes en général et pour plusieurs arbres à fruits particulier. De nombreuses recette et procédés d`un caractère pratique sont donnés, notamment pour conserver et emmagasiner les fruits. Les derniers chapitres XXXI à XXXIV, ont trait à l`élevage du bétail, aux chevaux, à la basse-cour et aux abeilles. Un dernier chapitre sur les chiens avait été promis, mais ne semble pas avoir été écrit.

Quoique d`un esprit surtout pratique, Ibn al-Awam fait cependant parfois un peu de théorie, comme au début du chapitre premier. Il est très remarquable, ce chapitre sur les terres, dérivé en grande partie de l`Agriculture Nabatéenne; l`auteur y cite d`ailleurs d`autres agronomes, montrant que cette science avait été très cultivée avant lui, tel que Heddjâdj ou Ibn Heddjâd, et Abou Hanîfah, «homme habile dans la connaissance des plantes».

«Le premier point en agronomie, dit-il, c`est de connaître les terres et de savoir distinguer ce qui est de bonne qualité d`avec ce qui est de qualité inférieure. Celui qui ne possède point ces notions manque des premiers principes et mérite, en agriculture, d`être traité d`ignorant.»[...]

L`auteur décrit les diverses variétés de terre avec beaucoup de précision: «Quand le sol, dit-il entre autres choses, est disposé en plaine chaude et meuble, d`un aspect arénacé dans sa couche superficielle, sans cependant qu`on puisse dire que c`est un sable, ce terrain sera un de ceux dans lesquels les plantes réussironts bien; et si on a soin, pour les arbres, de les déchausser, puis d`y apporter de la terre, on les conservera longtemps quelque soit l`espèce. Car la terre, à cause de sa perméabilité, absorbe bien l`eau, soit celle du ciel, des pluies ou des irrigations. L`eau pénètre dans son sein et va arroser les racines et raviver les radicelles. Quand au contraire la terre est compact et tenace, l`eau se répand à sa surface sans que l`intérieur en profite, puisquìl ne peut être imbibé, et le terrain demeure stérile. Quand la terre est serrée, dure et aride, l`eau s`écoule à sa surface sans séjourner, et les radicelles des plantes sont privées dans son sein de l`humidité vivifiantes.»

Le chapitre sur les greffes est très étendu. Y sont décrites: la greffe en fente nabatienne, la greffe romaine ou grecque, la greffe persanne, celle en écusson carré, circulaire, à forme de feuille de myrte, la greffe par térébration, [...]. Parmi les autres chapitres,remarquable est encore le chapitre sur la vigne, qui est important aussi dans l`Agriculture Nabatienne . En somme l`agronomie constitue en arabe très bel ensemble de littérature scientifique, qui marque sans nul doute un progrès et un enrichissement considérable par raport aux oeuvres du même genre qu`à laissées l`antiquité.

(1) Le livre de `l`Agriculture d`Ibn al -Awam , traduit de l`arabe par J.J. Clément-Mullet, Paris 1864.

publié par Mona A Sanjakdar publié dans : Agriculture
Mardi 22 Avril 2008

La science mécanique est entrée dans les contes orientaux comme élément de merveilleux , et elle y est représentée par quelques jolis épisodes dont deux ou trois méritent d`être notés. Telle est dans Firdaousi la description d`un automate imitant une princesse qui pleure(1) : " de temps en temps elle lève une main et essuie une larme sur son cil ... Les larmes qu`elle verse suive toujours le même cours, et sa main revient toujours se poser sur sa cuisse du même côté". L`empereur de Roum a fait construire cette image pour surprendre le prince persan Gustechem. Celui- ci lui tient des discours pour essayer de le consoler; puis, voyant qu`elle ne répond pas, il finit par conclure qu`elle n`est qu`un corps sans vie et un «artifice des philosophes».

Bien connu est le cheval volant des Milles et une Nuits qui reparît  dans nos légendes d`Occident sous le nom de cheval de Pacolet. Ce n`est pas un animale fabuleux, ni un produit de la magie: Il est nettement présenté comme une construction mécanique. Au premier abord, on le prend pour un cheval véritable; en fait, il est imité. On le met en mouvement en tournant une cheville qui ressort un peu au défaut du cou. On le ramène à terre en en tournant une autre plus petite, situé près de l`oreille droite. Il n`y a pas de doute; c`est un automate; il ne descend pas de Pégasse; il est de la même famille que le pigeon d`Archytas de tarente.

Un autre précurseur de l`aéroplane paraît dan sun compte des Milles et un jours; le coffre volant (2). Son caractère mécanique ne peut donner lieu à aucune hésitation. Le coffre est en forme d`oiseau; il a trois pieds de long sur quatre de large. On s`y tient assis. Il est pourvu d`ailes, la machinerie est composée de roues, de ressorts. «Le sixième jours, le coffre se trouvant achevé, on le couvrit d`un tapis de perse et on le porta danns la campagne.» Son pocesseur s`y étant assis, «toucha un ressort»; l`appareil aussitôt «s`éleva de terre et fendit les airs avec une vitesse incroyable».

Le constructeur apprend à Malek à le diriger; en tournant cette vis, vous irez à droite; en tournant celle-ci, vous irez à gauche. En touchant ce ressort vous monterez; en touchant celui-là, vous descendrez.-«effectivement le coffre, obéissant à ma main, raconte Maklek, allait comme il me plaisait.» Il surpassa la vitesse des vents. Son acquéreur l`emploie, comme il convient dans un conte, à aller visiter, dans un palais entouré de murailles et de fossés profonds, une princesse qui y est retenue par la rigueur soupçonneuse de son père. Il se fait passer pour Mahomet, un Mahomet très rajeuni. Il défend ensuite le roi en jetant du haut du coffre, des pierres sur les ennemis qui viennent l`assalllir; puis il se sert de la machine pour produire dans l`air un magnifique feu d`artifice. Le coffre à une fin bien conforme à sa nature; Un jour que son possesseur était allé faire des courses en ville, ayant laissé sa machine cachée dans le bois comme à son habitude, une étincelle , échappée sans doute de quelque foyer intérieur, y met le feu, et l`appareil est consumé entièrement.

On ne saurait trouver un prévision plus approchée d`une invention future. De tels contes ne sont pas indignes de l`histoire de la science, ils montrent le travail de la pensée à la recherche du progrès, l`imagination précédant le fait, et ce long désir de l`esprit qui prépare les découvertes.

Sources: Les Penseurs de l`Islam - Carra De vaux - 1984

!- Le livre des rois, trad. Mohl, t. VII, p. 98-102

2- Histoire de Malek et de la princesse Schirine, formant les jours 22à 29; conte traduit du persan par Cardonne et petit de la Croix.

 

publié par Mona A Sanjakdar publié dans : Techniques
Dimanche 13 Avril 2008

Le patronnage des hommes de sciences et des ingénieurs fut une politique des Etats arabo- islamiques. Généralement, les califes,  organisaient des missions scientifiques chargés de faire des observations, de prendre des mesures ou de décrire des phénomèmes naturels. Cette politique  adoptée dans le vaste Empire Musulman qui s`étalait des frontières de la Chine à l`Atlantique, encourageait l`installations des académies, des laboratoires, des bibliothèques et des observatoires. 

Parmi les institutions scientifiques les plus remarquables , nous signalons «Bayt al-Hikma» (Maison de la sagesse) fondée à Bagdad par al-Ma`moun dont le règne débuta en 198 de l`hégire/813 ap.J.C. Cette académie groupait des traducteurs, des hommes de sciences, des techniciens. Parmi ses membres, on trouvait des noms célèbres comme les frères Musa ben Chaker, Huneyn ben Ishâq, Thâbit ben Kurra  et d`autres. Deux observatoires astronomiques étaient rattachés à l`académie, l`un à Baghdad, l`autre à Damas .

Sous les Fatimides  (909-1171ap.J.C), la même politique fut adopté, une immense bibliothèque instaurée dans le palais groupait des ouvrages de valeurs, et vers 395 de l`hégire/  1004ap.J.C Al-Hakim fonda «Dar al-Hikma»(Maison de la science) qui renfermait une bibliothèque et une salle de lecture.Cette maison dirigée par un savant reconnu, était le lieu de rencontre des hommes de sciences (astronomes, mathématiciens, et physiciens) , des grammairiens et des philosophes. 

Les Califes ne se contentaient pas  de créer des bibliothèques et de bâtir des observatoires, mais , ils se mêlaient souvent et personnellement  à diriger une recherche ou à exposer un projet.

De ce fait, les savants, les hommes de sciences et les techniciens avaient à satisfaire leurs gouverneurs, à suivre leurs ordres et même parfois à réfléchir selon leur désir. À ce propos nous signalons al-Khawarizmi (780-850) qui rédigea, à la demande du Kalife al-Ma`mun, des ouvrages d`astronomie et de mathématiques. Nous trouvons aussi, dans les traités des savants et des chercheurs, des citations prononcées par les auteurs eux-mêmes. Ces citations tirées de quelques ouvrages mettront en relief une remarquable obéissance qui a influencé positivement le développement des sciences et des techniques au Moyen Âge ..

Dans l`introduction de son traité «Kitab al-asrar fi nata`ij al-afkar» (le livre ses secrets dans les résultats des pensées) Al-Muradi dit: C`est à vous mon frère, que je dédie ce traité, que le bon Dieu vous garde... Regardez ces formes, mon frère, regardes-les profondément, d`un oeil de technicien expert, vous remarquez l`ingéniosité de leur fonctionnement et vous découvrez leurs secrets." 

Al-Jazari, dans le préambule de son volumineux ouvrage, «Al-jami`bayna al-`ilm wa al`amal al-nafi`fi sina`at al`- hiyal»(Recueil de la théorie et de la pratique de l`art des mécanismes ingénieux) exprime la volonté du roi :" lorsque j`étais au service de Nasir al-Din abi al-Fath ben Qara Arslan, roi de Diyar Baker, il m`a demandé de composer ce traité. J`ai suivi ses ordres et j`ai adopté ses jugements parce que je n`avais d`autre recours que d`obéir."

De même, dans l`introduction du traité d`al-khazini, intitulé«fi itikhaz kura taduru binafsiha biharaka musawiyya liharakat al-falak»(Contruction d`une sphère qui tourne d`elle même,d`un mouvement similaire au mouvement de la sphère céleste) nous décelons une citation qui révèle le comportement des savants à l`égard des gouverneurs et la participations de ces derniers à l`encouragement des recherches scientifiques. "Notre Maître, Le Cheik, Le Grand Aba al-Hussein ali ben Mohammad ben Issa, le métal précieux des sciences et la source des bienfaits dans tous les domaines. Lorsque son excellence a remarqué les défauts des« Zijs» et les erreurs que renferment les tables astronomiques, il a prononcé son ordre de renouveler toutes ces mesures. Et avant d`aborder ce travail, l`exaltant ordre de son excellence imposa la construction d`une sphère qui tourne d`elle-même d`un mouvement similaire à celui de la sphère céleste. J`ai obéi à ses ordres et j`ai fait de mon mieux pour accomplir cette tâche.".

A son tour,Taqi al-Din, dans l`introduction de son traité,«Al-turuq al-saniyya fi al-alat al-rouhanniya» et après avoir fait ses éloges au Sultan Ali pacha , lui dédie son livre :" Par ce livre je rend service au plus respectueux Sultan de son temps et de son époque. A celui qui étend la justice et la paix...vous, le plus glorieux ministre Ali Pacha, que la joie vous entoure et que le soleil de votre royaume s`illumine durant les longues années de votre règne...".

Par ces patronnages les savants ont innovés et  les sciences arabo-islamiques furent développées.

Par contre Galillée (1564-1642) fut condanné à la prison à vie le 22 juin 1633 et son ouvrage d`astronomie dans lequel il vérifie le mouvement de rotation de la terre fut interdit . De plus il a été obliger de prononcer la formule d`abjuration que la Saint-office avait préparée:

"Moi, Galiléo, fils de feu Vincenzio Galilci de Florence, âgé de soixante dix ans, ici traduit pour y être jugé, agenouillé devant le très éminents et révérés cardinaux inquisiteurs généreux contre toute hérésie dans la chrétienté, ayant devant les yeux et touchant de ma mains les Saints Évangiles, jure que j`ai toujours tenu pour vrai, et tiens encore pour vrai, et avec l`aide de Dieu tiendra  pour vrai dans le futur, tout ce que la Saint Église Catholique et Apostolique affirme, présente et enseigne. Cependant, alors que j`avais été condamné par injection du Saint office d`abandonner complètement la croyance fausse que le Soleil est au centre du monde et ne se déplace pas, et que la Terre n`est pas au centre du monde et se déplace, et de ne pas défendre ni enseigner cette doctrine erronée de quelque manière que ce soit, par oral ou par écrit;et après avoir été averti que cette doctrine n`est pas conforme à ce que disent les Saintes Écritures, j`ai écrit et publié un livre dans lequel je traite de cette doctrine condamnée et la présente par des arguments très pressants, sans la réfuter en aucune manière; ce pour quoi j`ai été tenu pour hautement suspect d`hérésie, pour avoir professé et cru que le Soleil est le centre du monde, et est sans mouvement, et que la Terre n`est pas le centre, et se meut.[...]». (citation tiré de Wikipédia)

 

 

 

 

 

 

 

 

publié par Mona A Sanjakdar publié dans : Techniques
Vendredi 04 Avril 2008

Ibn Butlân , al-Mukhtar, ibn al-hassan , ibn abdoun ibn sadûn  médecin chrétien né à Baghdad  et mort en 1o68. Il  a rédigé  plusieurs traités en médecine dont le plus important fut  "Taqwîm al-Sihha". C`est un traité d`hygiène qui décrit, en 280 articles, les végétaux et les animaux nécessaires à l`alimentation de l`homme tout en reflétant les conseils et les précautions nécessaires à la bonne  santé de l`individu. Ce traité fut traduit en latin à Palerme, dans la cour de Menfred, roi de Sicile de 1258 à 1266. Cette traduction intitulée "Tacunium Sanitatis" fut diffusé en Occident et une dizaine de copies illustrées sont conservées à la biblithèque nationale en france , à Liège, et à Rome.

Nous tirons cet extrait de la traduction de H. Elkhadem édition Peeters, Louvains, 1990.`

"A. Les canons qui permettent de connaître la nature des aliments sont au nombre de quatre...

Le quatrième canon s`attache à déduire l`utilité de la nocivité apportées par les aliments , et à repousser cette nocivité grâce à la mesure et à l`expérience. En ce qui concerne la mesure, le sucré assoiffe par sa chaleur, produit de la bile en se décomposant, provoque de la diarrhée par sa faculté détergente, cause des obstructions en raison de sa valeur nutritive eleveé et cela quand il se répand dans les membres, en grande quantité.

Làcide tempère la bile, provoque desflatulences par sa froideur, il est nocif pour les nerfs et les viscères par sa subtilité et la profondeur (de sa pénétration). Il est moins froids que le atyptique et mopin actif que le piquant.

Le salé déterge le flegme, assoiffe par sa chaleur, désseche par sa sécheresse et rend la poitrine rêche à cause des deux deux . Il est moin actif que l`amer dans tous ses effets.

Le gras est très nutritif, il provoque la flaccidité, il estindifeste, purgatif à cause de son action abondamment humidifiante et il est moin équilibré que le sucré.

Làstringent rend la langue et la poitrine rêche par (sa faculté) constrictive . Il constipe et excite l`appétit par sa froideur . Le styptique a la même mesure mais est moins actif dans ses autres effets.

L`amer a sur la langue un effet incisif et râpeux à cause de lìntensité de sa chaleur. Il est peu nutritif à cause de sa sécheresse et laxatif. ilfait déposer les flegme par son action émoliente et sa chaleur. Le piquant a la même mesure mais il est moins actif dans ses autres effets. L`insipide refroidit.

Pour corriger la nocivité de l`un par l`autre: le sucré et l`acide corrigent mutuellement leur nocivité. L`acide neutralise le salé. Et le contraire. le salé et le gras se corrigent mutuellement . L`astringent corrige le gras et le sucréqui à leur tour corrigent l`astringent lui-même. L`amer est prévenu par le très sucré. Et le contraire.

C`est ainsi qu`est levé ce doute interminable concernant le retrait de la nocivité des aliments. Quant aux déductions (résultant) de l`expérience, la preuve concrète les confirme et l`évidence sensible les montre (par examen) du pouls, de la respiration et du tact: ce qui a les effets de la chaleur est chaud."

 

                Une page du manuscrit "Taqwim al -Sihha" d`Ibn Butlân

                                                               

publié par Mona A Sanjakdar publié dans : Médecine
Samedi 29 Mars 2008

Horloge offerte par Haroun Al-Rachid à Charlemagne

l`horloge offerte à Charlemagne en 807 par l`ambassade de Harun al-Rachid (766-809) est décrite par le chroniqueur royal de l`empereur , Eginhard dans ses Annales "Annales regum francorum":

Nous lisons:

"... Harun al - Rachid , le grand souverain  oriental sur le trône de Bagdad, manifestait son admiration en lui envoyant de somptueux présents, des tentes luxueuses, gigantesques, de précieuses soieries, des baumes, des fards, des onguents, d`admirables polleteries. On eût cru que l`Orient s`était vidé, pour remplir l`Occident. Des flambeaux colossaux en métal, et une horloge construite avec autant d`ingéniosité que d`art, où  le mouvement des douze heures était dû à un mécanisme hydraulique, de petites boules de bronze tombant dans un récipient qu`elles faisaient résonner , chaque fois qu`une heure était révolue. Douze cavaliers se tenaiennt derrière douze portes fermées, autant de portes s`ouvraient autant de cavaliers en sortaient que l`horloge sonnait de coups.  Il y avait encore, dans le mécanisme de cette horloge , beaucoup d`autres merveilles dont   la description nous prendrait trop de temps".

Dans son traité  «Compendiun de la théorie et de la pratique de  l`art mécanique » Al-Jazari (mort en 1206 ap .J.C) consacre la première partie à la description des horloges hydrauliques qui indiquent les heures temporelles(ou inégales) et les heures équinoxiales( ou égales).

Nous nous intéressons à la première horloge nommée "Horloge des tambourineurs " qui fut érigée à l`occasion du congrès international du monde islamique à Londre en 1976.

 

                                              

 

 

 

 

 

 

       aspect  extérieur

Description:                                                                                                              mécanisme intérieur

Aspect extérieur : La façade de l`horloge fait apparaître une voûte surmontée de douze portes devant lesquelles chemine un croissant métallique. Derrière chaque porte se cache la statuette d`un garçon. Ces portes sont surmonrées à leur tour par un demi-cercle décoré par les signes du zodiaque.  Ce demi-cercle emboîte deux arcs, l`un contenant un disque en cuivre  jaune   représentant  le soleil, et l`autre un disque en verre représentant la lune. Des deux côtés de la voûte centrale se placent deux petites chambres dont chacune abrite un faucon automate.  Une petite jarre métallique  fixée, devant chaque faucon,  est prête à  recevoir les balles crachées de son bec. Au-dessous de la voûte principale , des musiciens automates se prêtent à jouer leur mélodie .

Aspect intérieur

 Nous distinguons dans le mécanisme intérieur de cette horloge les éléments suivants:

- Un  réservoir principal formé de quatre étages contient le flotteur (F) . Il est muni d`un robinet (R)

- Un  récipient (N) muni de son propre flotteur (T) est fixé juste au-dessous du robinet (R) . Un régulateur de débit est accordé à ce récipient.

- Un  petit chariot (C) mobile sur des rails est lié par des cordes, d`une par à un poid(P), d`autre part à un disque de bois à moitié évidée(D).

- Une  grande poulie (K) fixée sur l`axe du disque (D). Sur la gorge de cette poulie est enroulée une corde qui se termine par un anneau accroché au flotteur (F).

Fonctionnement :

Au lever du jour ou à la tombée de la nuit, on ouvre le robinet (R), l`eau s`écoule dans le récipient (N) à travers une  valve conique. Une fois le récipeint plein le flotteur (T) monte et ferme le robinet(R). L`eau se déverse alors du récipient (N) dans le régulateur de débit, de nouveau le flotteur (T) redescend et ouvre le robinet et ainsi de suite. Parallèlement, le niveau de l`eau dans le réservoir principal baisse, entrainant  avec lui le flotteur (F) .Cette dernière tire la corde qui fait tourner le disque (D). Ainsi le chariot (C) se déplace et son croissant pousse la cheville fixée au dos de la statuette cachée derrière la porte. La statuette se penche pour ouvrir les volets de la porte et soulever une lame qui libère une balle de plomb. Cette dernière libérée se déplace dans son propre canal pour se stabiliser dans le bec du faucon . Sous l`action du poids de cette balle, le faucon se penche et la crache dans la jarre métallique qui résonne . Ainsi l`opération se répète à  chaque heure révolue.

Un autre mécanisme aussi compliqué est accordé pour permettre aux musiciens de jouer leur mélodie.  

Conclusion: Une simple comparaison entre l`horloge de Haroun Al-Rachi, de la porte de Jayroun à Damas et  celle décrite par Al-Jazari nous renseigne sur l`ingéniosité des techniciens arabes du Moyen Âge  et  la splendeur de cette époque dont les  empreintes techniques sont bien marquées jusqu`à nos jours.

publié par Mona A Sanjakdar publié dans : Horloges hydrauliques

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